Reportage

Fraîchement pressé par PiPO

Ils sont cinq membres d’une même famille à gérer l’entreprise familiale PiPo établie en Hesbaye : Piet, le père, Veerle, la mère, et Dries, Brecht et Marie, les enfants. Et d’où vient ce nom de PiPO ? Tout simplement du patronyme du père : Porreye. Lui et Dries s’activent dans les vergers, tandis que Brecht s’occupe de l’extraction du jus. C’est lui aussi qui nous retrace les dix années d’activité de l’entreprise et nous parle de son jus fraîchement pressé.

PiPO existe depuis plusieurs décennies. Comment l’entreprise a-t-elle démarré ?
Notre histoire a commencé en 1978, quand mon père Piet a construit son premier hangar à fruits. Mon grand-père était cultivateur par passion et mon père a marché sur ses traces. Il a peu à peu agrandi son verger en plantant des pommiers, des poiriers et des framboisiers. Aujourd’hui, nous disposons de 3 ha de pommiers et de 20 ha de poiriers, le tout en basse-tige.

À l’origine, vous étiez une entreprise fruitière et vous ne pressiez pas de jus ?
C’est exact. Mais au bout d’un moment, nous avons voulu donner un nouveau débouché à nos fruits frais en les transformant en jus. C’est ainsi que PiPO a vu le jour en 2006. Au début, nous confiions encore l’extraction du jus à un sous-traitant. Mais depuis cinq ans, nous nous occupons de tout de A à Z : chercher de nouveaux goûts, choisir les matières premières, goûter, extraire le jus et le conditionner.

Votre production était déjà bio à cette époque ?
Non, nous avons pressé notre premier jus bio en avril 2016 avec des pommes bio achetées en Belgique. Car notre verger n’est pas encore entièrement bio. L’essentiel pour nous, c’est de presser des pommes d’origine belge. Pourquoi, en effet, les importer de l’étranger alors que nous pouvons nous procurer des pommes cultivées dans notre pays ? Cet approvisionnement local est vraiment capital pour nous et aussi pour Bio-Planet. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de collaborer ensemble.

Belge et bio, c’est bien pensé !
Mais pas toujours facile à réaliser. Car l’approvisionnement en pommes bio belges n’est pas toujours suffisant. Nous nous efforçons d’avoir une base constante pour notre jus, mais comme toutes les variétés de pommes ne sont pas disponibles en permanence, nous devons parfois utiliser une variété différente. De plus, nous devons aussi composer avec des conditions climatiques qui ne sont pas toujours favorables. L’année dernière, la récolte a été moins bonne en raison des chutes de grêle printanières. Cette année ne se présente pas mieux car les gelées tardives ont abîmé les fleurs. 

Vous avez déjà songé à avoir votre propre verger bio ?
Nous y pensons depuis longtemps. Mon père et mon grand-père ont toujours essayé de cultiver de la manière la plus écologique possible en utilisant un minimum d’herbicides et en laissant les insectes utiles chasser les nuisibles. Ils avaient aussi leur propre méthode pour tailler les arbres fruitiers. Mais avant de nous convertir complètement au bio, nous tenons à être bien préparés.

L’extraction de jus à partir de pommes bio n’a déjà plus aucun secret pour vous.
C’est un fait. Nous pressons du jus tout au long de l’année, d’où le choix de « fraîchement pressé » comme slogan. Nous conservons nos pommes dans des cellules ULO (Ultra Low Oxygen), qui ralentissent leur processus de mûrissement. Elles restent fraîches durant des mois, comme si elles venaient d’être cueillies. Cet été, il est possible que nous pressions des pommes qui ont été cueillies en octobre. 

Comment se passe l’extraction du jus dans la pratique ?
Nous entamons notre journée de travail avec le jus bio. Notre ligne de production fait l’objet d’un nettoyage approfondi pour éviter toute contamination par d’autres jus. Les pommes sont d’abord lavées et hachées. La pulpe passe à travers une presse sur un tapis roulant pour en extraire le jus. Après une pasteurisation de courte durée, le jus est fin prêt pour la vente. Un jus 100 % naturel, comme mentionné sur l’emballage, car sans ajout de conservateurs, d’édulcorants, de colorants ou d’aromatisants. 

Combien faut-il de pommes pour produire 1 L de jus ?
Il faut compter 1,5 kg de pommes. Et le jus représente entre 60 et 70 % du fruit. Le reste, c’est de la pulpe que nous donnons aux fermiers locaux qui l’utilisent sur leurs champs. Nous ne jetons rien. Dans le futur, nous pourrons peut-être boucler la boucle et en faire de la compote ou un fourrage pour des biscuits.

Jouez-vous aussi la carte du durable à d’autres niveaux ?
Oui, par exemple dans le choix de notre conditionnement. Nous avons délibérément choisi le bag-in-box de 3 L. L’empreinte écologique de ce type d’emballage est 20 à 30 % inférieure à celle d’une bouteille en verre. Nos boîtes et nos poches sont entièrement recyclables, tandis que les bouteilles nécessitent un rinçage et impliquent un transport plus compliqué et plus cher. Les boîtes vides nous sont livrées par palette de 2 000 unités. C’est juste inimaginable avec des bouteilles en verre.

Photos